A l'initiative des responsables économiques et politiques, le concours « Un des Meilleurs Ouvriers de France » est crée en 1924. Il est placé sous la tutelle de quatre ministères : Education, Industrie, Artisanat, Travail.
Le concours se déroule tous les trois ans, les chefs d'œuvres des lauréats sont présentés en public dans le cadre de l'exposition nationale du Travail à l'initiative du comité d'organisation des expositions du travail.
Issus principalement du monde artisanal, mais également des milieux industriels et du corps enseignant, les M.O.F. perpétuent la tradition du travail de qualité.
Etre M.O.F. c'est apporter la preuve indiscutable de la plus grande compétence professionnelle dans son secteur d'activité mais c'est aussi bénéficier de la reconnaissance personnelle de ses pairs : c'est la consécration de l'excellence suprême dans les métiers manuels.
Etre « Un des Meilleurs Ouvriers de France », c'est avoir gravi l'Everest pour un alpiniste, ou être reçu à l'Académie Française pour un écrivain. Cette récompense se mérite le plus souvent au terme d'un long et difficile cheminement qui réclame tout autant de vertus morales que d'aptitudes professionnelles.
Pour Laurent LE DANIEL, le concours s'est déroulé en 1997.
Tout commence par une épreuve de sélection Régionale. Dans cette épreuve sont validés les acquis sur le plan artistique, gustatif et de comportement au travail.
Le jury, par son jugement, permet au candidat sélectionné de s'exprimer à la finale.
La finale en 1997, était un véritable marathon. 33 heures de concours en quatre jours d'épreuves et pas une minute de plus. Un huissier de justice ferme la porte à l'heure prévue par le règlement, le travail finit ou pas.
Le thème abordé cette année là était : « Amour, Fleurs, Couleurs ».
Trois pièces artistiques était demandées : une chocolat, une sucre cuit et nougatine, une sucre sous toutes ses formes.
Pour les fabrications de pâtisserie et chocolat, pas moins de sept produits étaient imposés par le règlement. Tout est réalisé à partir de matière première complètement brutes.
Un gâteau de voyage, des gros macarons chocolat, un Paris-brest, un entremet au café sans chocolat, trois sortes de bonbons de chocolat, de la viennoiserie, et un panier. Ce dernier était en fait un ensemble de matières premières que le candidat a découvert le matin même du concours. Avec ces ingrédients, il fallait réaliser un gâteau pour huit personnes. Il était interdit d'ajouter d'autres ingrédients que ce qui était fourni et il fallait en utiliser 90 % au moins. La contrainte technique s'est révélée un piège pour beaucoup de candidats.
Laurent LE DANIEL a simplement réalisé un Pithiviers, spécialité bien connue de la ville qui porte le même nom. Cela représente une difficulté technique et il savait qu'il pouvait surprendre le jury en le réalisant parfaitement.
Pour aborder le thème imposé, Laurent LE DANIEL a simplement raconté une histoire en trois actes.
Chaque acte étant une pièce. C'est la fabuleuse histoire d'amour d'Héloïse et Abélard qui s'est passée au 12 ème siècle. Plus encore que toutes les histoires d'amour, celle-ci symbolise l'amour très fort et impossible. La première pièce de l'histoire est réalisée en chocolat, elle représente la rencontre des deux êtres.
Héloïse est jeune, Abélard est son professeur. Ils s'aiment d'un amour très puissant.
La seconde en sucre cuit et nougatine, représente l'amour impossible.
La famille d'Héloïse s'oppose à leur union. Abélard tombe dans un piège et est châtré. Héloïse rentre au couvent, Abélard se fait moine, mais ils continuent de s'aimer.
Ils demandent au pape de l'époque d'être enterré dans la même tombe.
La troisième et dernier acte de l'histoire, représente « avec toi dans l'au-delà ».
Abélard part le premier, Héloïse le rejoint quelques temps plus tard. Leur volonté est exaucée.
Ils se retrouvent. Rien ne pourra plus jamais les séparer.
Cette pièce est symbolisé par la blancheur symbole de la pureté de leur amour dans l'au-delà. Des petits anges en sucre les accompagnent, alors que le couple s'enlace.
Trois jurys différents vont se succéder pendant ces trois jours, sans se rencontrer.
Un jury observe les candidats au travail, il juge l'organisation, la propreté dans le travail, le respect des matières premières, la technicité…
Un autre jury ne juge que le travail finit, l'artistique, le respect des traditions, l'innovation…
Un troisième jury juge la dégustation. Tout est dégusté et noté par un jury complètement isolé, comme coupé du monde pour ne pas être influencé par les magnifiques pièces des candidats.
Ce qui est joli n'est pas forcément bon.
Plusieurs candidats vont échouer dans cette dernière épreuve.
A la proclamation des résultats, émotion intense « les marathoniens de la pâtisserie » sont à bout de nerf après quatre jours de concentration et de stress.
Lorsque le président du jury annonce les résultat, c'est une énorme surprise : deux lauréats seulement sont admis cette année là, pour 21 candidats.
Laurent LE DANIEL est sur un nuage, mais beaucoup d'autres candidats, pas reçus cette fois là, craquent. D'autres, plus philosophes, disent déjà qu'ils reviendront la prochaine fois.
Il y a eu deux autres sessions de M.O.F. depuis. En 2000, il y a eu 6 lauréats et en 2003 8 lauréats.
Le prochain concours aura lieu en 2007.
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